Lancé à Paris le 20 novembre à l’OCDE, le neuvième rapport AidWatch de CONCORD, intitulé Aid Beyond 2015, alerte les Etats membres sur plusieurs points.

Malgré des défis humanitaires et de développement croissants, tels que la récente épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest, l’UE ne sera pas en mesure d’atteindre son objectif de consacrer 0.7 % de son RNB à l’aide au développement, accusant un déficit de financement de 41 milliards d’euros. Seuls 4 pays membres ont atteint cet objectif : le Royaume Uni, la Suède, le Danemark et le Luxembourg. Les budgets consacrés à l’aide sont de plus en plus utilisés pour couvrir des dépenses qui ne participent pas au développement des pays partenaires.

L’aide en hausse en 2013 mais toujours insuffisante face aux défis mondiaux

Malgré un accroissement modéré du budget global consacré à l’aide en 2013, de nombreux pays européens opèrent des coupes dans leurs budgets nationaux consacrés à l’aide publique au développement. De nouvelles réductions de l’aide globale aux pays les plus pauvres, en particulier en Afrique (5 %), sont à craindre d’ici 2016.

Selon Ben Jackson, directeur général de Bond, la confédération des ONG britanniques : «Cette coupe dans le budget consacré à l’aide par de nombreux pays européens ne pouvaittomber à un plus mauvais moment. L’on peut s’estimer heureux que le Royaume Uni ne suive pas cette tendance en atteignant l’objectif poursuivi de 0,7 % en 2013, avec 2 ans d’avance sur le délai imparti. Les urgences mondiales et les défis en matière de développement de plus en plus nombreux poussent de nombreux pays en voie de développement dans leur dernier retranchement. La récente épidémie Ebola en est un exemple flagrant. Pour les personnes vulnérables, l’aide internationale est vitale car elle répond à des besoins essentiels tels que l’accès aux soins, et de façon générale, le développement à plus long terme ».

Le budget consacré à l’aide de plus en plus utilisé pour couvrir les dépenses liées aux migrations internationales 

De nombreux pays européens plaident pour que certaines dépenses, notamment celles relatives à la prise en charge des réfugiés, soient comptabilisées dans les montants officiels de l’aide, lors des négociations mondiales ayant en ce moment lieu à l’OCDE. En 2013, les dépenses liées à l’asile, par ailleurs indispensables, s’élevaient à 1,7 milliard d’euros, au titre de l’aide bilatérale des pays membres de l’UE. Les dépenses les plus importantes ont été enregistrées en Suède (514 millions d’EUR), en France (372 millions d’EUR), aux Pays-Bas (274 millions d’EUR), au Danemark (122 millions d’EUR) ainsi qu’en Belgique (118 millions d’EUR).

Selon Peter Sorbom de CONCORD Suède : « Nous constatons de plus en plus une tendance inquiétante qui voit de nombre de pays, comme la Suède, financer les dépenses liées aux migrations internationales avec l’argent provenant du budget normalement dédié à l’aide. Ces dépenses, par ailleurs indispensables, ne devraient pas être comptabilisées comme tel ».

La France est dans ce domaine un des mauvais élèves de l’UE

La France a fait le choix de réduire les montants de son aide aux pays en développement. Les crédits de la mission « aide publique au développement » ne cessent d’être coupés. Rien qu’en 2014, ces lignes ont subi trois coupes lors des deux projets de Loi de finances rectificatifs 2014 (le dernier en date remonte à quelques jours) et du projet de Loi de finances 2015.

· Depuis 2012, le budget français d’aide publique au développement (APD) a reculé de
près de 20 %, soit près de 640 millions d’euros.
· Le triennum budgétaire 2015-2017 prévoit une nouvelle série de réduction des crédits
de l’ordre de 7 %.

« 7 ans de baisse des crédits de l’aide publique au développement, voici la réponse de la
France face aux défis de la lutte contre la pauvreté, les inégalités et le changement
climatique, ce alors que les objectifs du millénaire pour le développement arrivent à échéance
et que la France présidera la COP21 en 2015 », s’indigne Jean-Louis Vielajus, président de
Coordination SUD.

—> Link to the Aidwatch report 2014

Contact presse :
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Coordination SUD : Bénédicte Bimoko, bimoko@coordinationsud.org +33 (0)1 44 72 03 78
CONCORD Europe : Zuzana Sladkova : zsladkova@concordeurope.org

Coordination SUD – Solidarité Urgence Développement est la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Fondée en 1994, elle rassemble aujourd’hui plus de 150 ONG, dont une centaine via six collectifs (Clong-Volontariat, Cnajep, Coordination humanitaire et développement, Crid, Forim, Groupe Initiatives) qui mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations défavorisées mais aussi des actions d’éducation à la solidarité internationale et de plaidoyer.